Emploi

Les femmes travaillent un mois de plus que les hommes chaque année

Nous entendons toujours dire que les femmes travaillent au même titre que les hommes, mais gagnent moins d’argent. Cette affirmation date de plusieurs années et aujourd’hui encore les statistiques n’ont pas beaucoup évolué. Les femmes en situation de travail sont toujours frustrées. 

Autrefois, elles gagnaient 72 cents pour un dollar du côté des hommes et aujourd’hui, elle gagnent approximativement 80,5 cents contre un dollar des hommes. Notons que ces deux chiffres concernent les femmes au travail à plein temps, toute l’année. Même s’il semble avoir eu d’amélioration, les prévisions pour l’avenir sont tout aussi sombres. 

Comme le montre une étude de la Cass Business School de Londres, les femmes ne cessent de revendiquer l’argent qu’elles méritent, mais ne l’obtienne pas aussi souvent que les hommes. Si les femmes travaillent, mais sont moins payées, ce n’est pas parce qu’elles sont moins bien éduquées, qu’elles passent moins de temps au travail ou qu’elles optent pour des emplois généralement moins bien payés. Toutes ces hypothèses ont été démenties par les études de ces deux dernières années.

En effet, il a été noté que lorsque les femmes se lancent dans un domaine, le taux de rémunération pour ce type d’emploi diminue, selon une étude qui a contrôlé l’éducation, l’expérience professionnelle, les compétences, la race et la géographie. Par exemple, lorsque les femmes sont entrées en biologie et en médecine, le salaire de tous les biologistes et médecins a baissé. 

Auparavant, le codage informatique était dominé par les femmes et il était mal payé, mais maintenant qu’il est dominé par les hommes, il est bien payé. Il existe de nombreux exemples comme celui-ci qui montrent une pure discrimination sexuelle. L’opinion publique estime que lorsque les femmes travaillent, leurs tâches sont plus faciles et moins qualifiées. C’est pour cette raison qu’elles seraient moins payées.

Pourtant, « ce n’est pas que les femmes choisissent toujours des choses moins importantes et moins qualifiées« , a déclaré Paula England, sociologue à l’Université de New York, au New York Times. « C’est juste que les employeurs décident de les payer moins. »

Selon un rapport du Forum économique mondial, les femmes au travail ne gagnent pas seulement des salaires plus bas, mais elles travaillent aussi davantage. Elles font environ 50 minutes de plus par jour, soit 39 jours de plus par an, ce qui est énorme. Cela s’explique par le fait que les femmes font beaucoup plus de travaux domestiques que les hommes, en plus de leur travail à l’extérieur du foyer.

Est-ce que la situation s’améliore ?

Le rapport sur l’écart entre les sexes a examiné tous les aspects de la vie. Il a estimé qu’il faudra 170 ans avant que les femmes au travail n’atteignent l’égalité des sexes en matière d’opportunités économiques et d’autonomisation politique. C’est une longue période.

Que peuvent faire les femmes pour y remédier ?

En Islande, les femmes en situation de travail ont fait usage de leur frustration face à l’écart de rémunération. Il y a quelques années, elles ont quitté leur emploi à 14h38 pour protester contre les disparités de revenus. Même si ce pays présente le plus petit écart de rémunération au monde, les femmes y gagnent encore 14 à 18 % de moins que les hommes. Cela signifie que, dans une journée de travail de huit heures en moyenne, les femmes travaillent gratuitement après 14h38.

En Islande, les femmes ont une longue et fructueuse histoire de lutte pour l’égalité des femmes dans ce pays. Le 24 octobre 1975, 90 % des femmes islandaises se sont mises en grève lors de la première journée de congé des femmes. Ce Jour-là, elles ont refusé de travailler à des postes rémunérés, de faire des travaux ménagers ou de s’occuper des enfants. 

Certains enfants ont été emmenés au travail par des hommes, tandis que d’autres sont restés à la maison. Dans cette même période,  les magasins ont été approvisionnés en aliments faciles à préparer, comme les saucisses. Les hommes appelaient cela le « Long vendredi« . 

Pendant ce temps, les femmes se réunissaient sur les places publiques pour écouter des discours, chanter et profiter du soleil. C’était, apparemment, pour elles un bon moyen de détente. Plus de 25 000 femmes se sont présentées ce jour-là sur la place du centre-ville de Reykjavik. Ce chiffre est significatif pour un pays qui ne comptait alors que 220 000 habitants.

Cinq ans seulement après la Journée de la femme travaillent avec beaucoup plus de largesse. En plus, le pays a élu sa première femme présidente. Elle a occupé ce poste pendant 16 ans. En 2016, la participation des femmes au marché du travail n’avait jamais été aussi élevée, avec près de 80 %. En Islande, la garde d’enfants est fortement subventionnée, et les hommes comme les femmes bénéficient de trois mois de congé parental rémunéré lorsqu’ils en ont besoin.

Mais il y a encore du travail à faire. Selon les données, il faudrait que les femmes travaillent encore pendant 52 ans en Islande pour atteindre la parité des sexes aux taux actuels. Notons que « personne ne supporte d’attendre 50 ans pour atteindre un objectif », a déclaré à RUV Gylfi Arnbjörnsson, président de l’ASÍ, la Confédération islandaise du travail. « Peu importe qu’il s’agisse d’un écart de rémunération entre les sexes ou de tout autre écart de rémunération. Il est tout simplement inacceptable de dire que nous allons corriger cela dans 50 ans. C’est toute une vie« .

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